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samedi 16 janvier 2021

L'épave du Vaygach

Taymyr et Vaygach




Les deux navires identiques construits à St Petersbourg en 1909 par le chantier Nevsky sont basés à Vladivostok. De 1910 à 1913, ils effectuent des campagnes  océanographiques et revinrent, de temps en temps, à Vladivostok au cours des trois années suivantes. C’est leur croisière de 1913 sous les ordres de Vilkitski qui va apporter l’une des plus importantes découvertes géographiques du XXe siècle et constituera le premier voyage réussi d'est en ouest en empruntant le passage du Nord-Est. 


Les deux navires appareillent de Petropavlosk fin juillet 1913 aux ordres de Boris Andreyevich Vilkitsky. Après avoir franchi le détroit de Béring, ils se séparent et se dirigent vers l’Ouest à des latitudes différentes avant de faire jonction à l'île de la Transfiguration à l’est de la péninsule de Taimyr. Poursuivant leur route vers l’ouest, ils parviennent à un nouveau territoire auquel Vilkitski donne le nom de Nicolas II et qui sera rebaptisée Nouvelle Zemble. Ils parviennent à Petropavlovsk au mois d’octobre. Outre l’importante découverte, le voyage avait permis de nombreux sondages hydrographiques, des études hydrologiques et météorologiques ainsi que l’installation de plusieurs stations scientifiques.



Le Vaygach sombra en mer de Kara en 1918 après avoir heurté des rochers. Il fallu attendre le mois d’août 2020 avant qu’une étude des fonds réalisée à bord du très récent brise-glace militaire Ilya Muromets mette en évidence la présence d’une épave à environ trente mètres de profondeur à l’embouchure de l’Yeniseï. Il est envisagé de réaliser en 2021 une exploration du site afin de déterminer si l’épave est bien celle du célèbre brise-glace.



mercredi 20 mars 2013

Cargos brise-glaces soviétiques : le projet 550


Comme beaucoup de navires soviétiques ayant joué un rôle dans l'histoire de la Route du Nord, Amguema reçoit les honneurs de la philatélie.


A côté des brise-glaces destinés à ouvrir la route, figurent les cargos destinés à la navigation en eau glacée arctique (dits « ULA »). Ils bénéficient de la technologie des brise-glaces et peuvent se frayer un chemin dans des eaux modérément englacées sans avoir à recourir aux « vrais » brise-glaces. C'est dans les années cinquante qu'apparaissent les premiers navires de ce type. Plusieurs séries de tels navires virent le jour, construites à l'étrange (par exemple la classe Lena construite aux Pays Bas de 1954 à 1957 ou la classe Neptun qui comporte plus d'une centaine de navires construits à Rostock (RDA) entre 1958 et 1971).



Les navires de la classe Amguema (projet 550) construits entre 1962 et 1975 sont les premiers ULA construits en URSS. Ils bénéficient des innovations de la classe Lena mais également des enseignements fournis par la série des puissants brise-glaces de la classe Moskva dont les deux premiers exemplaires sont lancés en 1959. Ils en rappellent d'ailleurs l'aspect extérieur général.
Cliquer sur le tableau pour l'agrandir


 


 Initialement construits dans le but de desservir les villes arctiques, certains furent également utilisés lors des expéditions soviétiques en Antarctique.
Vassiliy Fedoseev
Vankarem (cliché Fesco)
 Olenek (quatre clichés ci-dessous) sera perdu par le feu en 1981.
 

Kapitan Gotskyi (cliché Fesco)
Kapitan Bondarenko
Ci-dessus & ci-dessous : Pavel Ponomarev, en hommage au premier commandant du brise-glace nucléaire Lenin


Le Yauza a subi une refonte totale au chantier Nerpa de 2010 à 2012.

Tous clichés FESCO, DR ou Nerpa shipyard.




Voir le livre "Brise-glaces de la Route du Nord et de la mer Baltique".

mercredi 2 janvier 2013

Brise-glaces & autres navires spécialisés


 Bonne année 2013 à tous nos lecteurs

Happy New Year to our readers


Liste des brise-glaces du monde entier
USCG Staten Island (Classe Wind) cliché USCG

L'US Coast Guard vient d'avoir l'excellente idée de regrouper sur un seul document la liste des brise-glaces de toute nationalité et de toutes fonctions, publics ou privés. Cette liste peut-être téléchargée à l'adresse suivante : http://www.uscg.mil/hq/cg5/cg552/ice.asp


Navires russes
Parallèlement au projet 22220 du nouveau brise-glace à propulsion nucléaire, la Russie mène le développement du projet 21900M, évolution du projet 21900 qui comptait deux navires (Moscou et Saint Petersbourg). Nous avons déjà évoqué ces navires à plusieurs reprises mais quelques développements nouveaux sont apparus récemment. Il s'agit là de la construction de trois brise-glaces à propulsion Diesel conventionnelle destinés à l'ouverture des routes maritimes hivernales, au sauvetage sous toutes ses formes mais également au transport en mer Baltique. Leur utilisation estivale pourra être faite en Arctique. Leur longueur sera d'environ 117 mètres, leur largeur de 27 mètres pour un déplacement d'environ 10 000 tonnes et une puissance 16 MW. Tous trois sont destinés à l'Agence fédérale de transport maritime et fluvial. Leur coût unitaire est estimé à 100 millions d'euros. Les livraisons sont prévues pour mai, août et octobre 2015.
Vue d'artiste du projet 21900M. Cliché Arctech Helsinki Shipyard

La construction de deux navires de cette série destinés à la compagnie Rosmorport est confiée au chantier Vyborg qui a procédé le 20 août 2012 à la découpe de la première tôle. La pose de la première tôle eut lieu le 17 octobre en présence de Victor Olersky, ministre des transports de la Fédération de Russie qui marque une nouvelle fois l'intérêt du gouvernement russe pour ces navires. Autre preuve de cet intérêt : c'est en avance sur les prévisions qu'est posée le 12 décembre la première tôle du deuxième navire de la série. Elle était initialement prévue pour février 2013. Les choses vont vite. Exactement deux semaines plus tard, le 26 décembre, c'est au au tour du troisième navire de voir sa première tôle posée. Selon un contrat signé le 18 décembre 2012, la construction de ce troisième navire sera assurée conjointement par le chantier russe Vyborg (fourniture des composants) et par le finlandais Artech d'Helsinki (assemblage, finition, essais en mer et livraison). Cette avancée sur le calendrier du programme et ce contrat de sous-traitance sembleraient montrer que les autorités russes sont pressées de prendre livraison de ces nouvelles constructions. En raison de l'ancienneté de certains des brise-glaces utilisés actuellement en Baltique ou pour des travaux jugés urgents sur la route du Nord à laquelle Vladimir Poutine est très attaché ?

Route maritime du Nord
En ce qui concerne cette dernière, le mois de décembre a permis d'apprendre qu'elle serait gérée depuis deux bureaux : celui d'Arkhangelsk (qui devrait ouvrir en janvier 2013) traitant les affaires courantes pratiques et celui de Moscou les affaires administratives. En effet, c'est Arkhangelsk qui semble prendre le pas sur Mourmansk. Le trafic y a augmenté de 20 % alors qu'il diminuait de 10 % à Mourmansk sur les onze premiers mois de l'année 2012. Et Igor Orlov, le gouverneur de la ville portuaire, a décidé d'y développer le tourisme en misant entre autre sur le réaménagement d'anciens sites du complexe militaro-industriel.
 Arkhangelsk au XIXe siècle (cliché Wikimedia)

Le 21 de ce même mois de décembre a été inauguré à Moscou dans les locaux du centre de recherches océanographiques Krylov (qui a participé à la création des nouveaux brise-glaces 21900M) un centre de modélisation et d'étude du comportement des glaces. Les travaux menés concernent le remorquage et l'exploitation off-shore des hydrocarbures en eau glacée. L'entrainement des marins est également au programme de ce simulateur. Le ministre des transports, déjà évoqué plus haut, était présent lors de cette cérémonie...
Cliché Institut Krylov

Les résultats de l'exploitation de cette route pour l'année 2012 montrent qu'elle a été fréquentée par 46 navires (34 en 2011, 4 en 2010) dont 21 faisaient route vers l'est. On retiendra pour l'anecdote le premier transport de gaz naturel sur cette route par le navire-citerne grec Reka Ob (escorté des deux brise-glaces nucléaires Cinquantenaire de la Victoire et Russia) du 9 au 18 novembre à destination du Japon.


Quelques autres navires spécialisés...

Clichés Gilles Barnichon / Agence Adhémar

Depuis la belle ville de Porto, deux clichés datant de juin 2012 :
- le patrouilleur Cacine, entré en service en 1969 : 

-  patrouilleur UAM 650 de la Police Maritime, UAM signifiant "Unité auxiliaire de la marine" :


Finissons avec quelques clichés datant de décembre 2012 montrant Salvamar Canopus du Salvamento Maritimo espagnol, construit en 1983 par Auxiliar Naval del Principado et basé aux Canaries :









mercredi 21 novembre 2012

Interesting point of view for Northern Sea...

Gilles Barnichon
Northern Sea Route: Chokepoint Contingency
Unanticipated incidents restricting or blocking the world's sea lines of communication (SLOCs) at chokepoints such as the Suez Canal, Bab el-Mandeb, the Strait of Malacca, and others in the greater So...
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samedi 20 octobre 2012

Nouvelles de l'Arctique

Est-ce une impression ou la réalité ? Il semblerait que les articles au sujet de la Route Maritime du Nord se fassent de plus en plus fréquents dans la presse, qu'elle soit russe ou qu'elle provienne d'autres pays, en ligne ou sur papier. Ce qui signifierait que l'actualité ou l'intérêt sur le sujet devienne de plus en plus importants. Faisons le point sur les projets en cours qui ont donné lieu à des publications récentes.

Le développement des infrastructures de la route du nord.
La construction de centres de sauvetage (qui serait dans l'esprit des Cross français) est entamée tout au long de la route. Le nombre de centres opérationnels en 2015 devrait être de dix. Les trois plus importants d'entre eux se trouveront en Sibérie et aux deux extrémités ouest (à Murmansk) et est (à Anadyr) de l'itinéraire. Sept de taille plus réduite seront répartis tout au long de celui-ci (Arkhangelsk, Naryan-Mar qui serait achevé en 2013, Vorkuta, Nadym, Dudinka and Tiksi). Un millier de personnes serait affecté au fonctionnement de ces centres dont la réalisation coûterait environ US$ 31 millions.

Le développement (voire la création) de ports est également à l'ordre du jour. Ainsi Vladimir Ilioukhine, gouverneur de la province du Kamchatka a fait savoir que «  le Kamtchatka est l’endroit idéal pour la construction d’un port à conteneurs... toutes les conditions sont réunies ». Le port de Petropavlosk est effectivement libre de glace toute l'année. A l'entrée de la mer de Bering, il pourrait apparaître comme escale idéale à des navires venant de parcourir la Route du Nord ou s’apprêtant à le faire.

Rappel sur les nouvelles constructions russes. Nous avons déjà évoqué plusieurs fois les différents projets en cours de réalisation. Petit récapitulatif destiné à éviter toute confusion :

- projet 21900M :
Le 17 octobre 2012 a été posée la première tôle du premier navire de la série, la livraison est prévue pour mai 2015 (novembre 2015 pour le second navire de la série dont la construction commencera en 2013). Il s'agit d'un navire multi-fonctions : ouverture de routes, remorquage, sauvetage et même transport de cargaison conteneurisée, tâche nouvelle pour un brise-glace. Zone d'activité : golfe de Finlande.

- projet 22220 : 
La nouvelle série de brise-glaces nucléaires destinés à permettre l'exploitation grandissante de la Route du Nord. La pose de la première tôle est prévue pour novembre 2013

- projet 22600 : 
A propulsion conventionnelle, les navires de cette série doivent également aider au développement de la Route du Nord. Lors de la cérémonie du début de construction, le premier ministre a été parfaitement clair à ce sujet : « Je compte que le navire participera à la résolution des objectifs globaux pour assurer l'activité de la Russie en Arctique, en Antarctique et dans tout l'Océan mondial. La Russie doit avoir la place qu'elle mérite dans ces études parce que n'est non seulement une question scientifique, c'est aussi la question de la présence géopolitique et, cela veut dire, de l'avenir de notre pays. » selon des propos recueillis sur le site La voix de la Russie.

- projet MPSV07 : les navires de sauvetage déjà évoqués.

Activité estivale des brise-glaces
Outre les informations sur les infrastructures, la presse a rapporté plusieurs navigations effectuées par les brise-glaces russes. L'une d'entre elles semble particulièrement révélatrice des préoccupations du moment. La détermination des limites du plateau continental (nécessaires à l'établissement des limites des eaux territoriales russes tant controversées) a fait l'objet de campagnes océanographiques auxquelles participèrent de juillet à septembre deux des brise-glaces que nous connaissons bien : Dikson et Kapitan Dranitsyn. Plus petit, Kapitan Kosolapov (de la classe "Kapitan M Izmaylov" - projet 1105 - lancé en 1976 par les chantiers finlandais de Wartsila) affrété par une compagnie privée participait à des travaux géophysiques en compagnie du Western Trident.

La Chine, avec son importance économique grandissante, n'a pas laissé passer l'occasion de faire parler. Fin septembre le brise-glace scientifique chinois Xue Long, venant d'Islande accostait à Shangaï après avoir mené plusieurs expériences scientifiques. Son retour, par la route du Nord, n'était certes pas une expérience scientifique mais plutôt une expérience… médiatique.


Peut-être un moyen « diplomatique » de faire savoir que la Chine s'intéresse aux richesses arctiques et de rappeler, qu'en ces temps de crise et de dette, elle possède technologie et liquidités à investir. En échange, entre autre, d'un siège d'observateur au Conseil de l'Arctique ?

Et puis il y a cette information « grand public ». « Un évêque russe consacre le pôle Nord » in Ria Novosti.

C'est l'évêque orthodoxe du diocèse de Naryan-Mar qui s'est prêté à la propagande officielle. Après avoir quitté Mourmansk à bord du brise-glace à propulsion nucléaire Rossyia, l'ecclésiastique a déposé au pôle une boite étanche contenant une icône et des reliques de Saint-Nicolas puis a béni le lieu. Mais, aussi anecdotique qu'elle semble, comme la pose d'un drapeau russe sur le fond de l'océan à la verticale du pôle Nord en 2007, cette information ne reflète-t-elle pas, quand on connait l'importance retrouvée de la religion dans la nouvelle civilisation russe, l'importance de l'océan arctique pour la Russie et ce que cette nation est prête à faire pour en obtenir le contrôle ?

En route vers le musée ?
Le deuxième brise-glace soviétique à propulsion nucléaire, Arktika (frère du Rossyia évoqué ci-dessus), mis en service en 1975, fut le premier navire de surface à atteindre le pôle Nord le 17 août 1977. Il fut retiré du service en 2009 et est maintenant en attente de démantèlement. Mais certains s'émeuvent de cette triste fin pour un tel navire et souhaiteraient le voir préservé et transformé en musée à l'instar de Lenine, le premier des brise-glaces nucléaires, retiré du service à la fin des années 80. les ports de Mourmansk et de Saint Petersbourg sont envisagés comme possibles lieu de retraite.

­De 1982 à 1986, le navire porta le nom de Leonid Brezhnev, ancienne gloire éphémère du défunt Parti communiste local. C'est pourquoi circule la petite anecdote (certainement inventée par la suite et rapportée sur le site Arctic Institute) de la conversation radio entre les deux brise-glaces nucléaires : « Lenine à Brejnev, m'entendez-vous ? »... Plaisanterie mise à part, il serait effectivement intéressant qu'un tel navire soit préservé.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Tous clichés DR







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vendredi 20 avril 2012

Brise-glaces : anciens et nouveau

Nos lecteurs l'ont compris : nous aimons bien les brise-glaces... Et l'actualité du mois de mars nous apporte des précisions sur le nouveau navire russe d'une puissance de 25 mW (projet 22600) déjà évoqué ici à plusieurs reprises :
- la première tôle a été découpée le 26 mars au chantier Baltiysky Zavod,
- le début de la construction proprement dite est prévu pour avoir lieu le 22 juin prochain,
- la livraison est prévue pour 2015 comme précédemment annoncé,
- une première "vue d'artiste" a été publiée :

et voici quelques spécifications techniques :



Les vidéos présentées ci-dessous montrent quelques navires plus anciens des flotte russe et soviétique ou encore le dernier mis à flots :




Nous avions déjà évoqué sur un autre blog les brise-glaces chinois, indiquant le projet de construction d'un nouveau navire destiné au ravitaillement des bases scientifiques chinoises antarctiques. On sait maintenant que sa construction est en cours et se fait "selon les prévisions" ; il pourrait donc entrer en service en 2014 pour remplacer ou renforcer l'action de l'actuel Xuelong.

jeudi 20 octobre 2011

Brise-glaces nucléaires russes


Dans son édition du 12 octobre dernier, le site shipbuildingtribune.com présente le programme de remise en état de la flotte de brise-glaces nucléaires russes gérée par Rosatom. On y apprend que Sovetsky Soyuz devrait pouvoir reprendre son service en 2014, après remise en état générale et renouvellement de son carburant nucléaire. Ce serait ensuite le tour de Rossiya (de la même classe) de subir des opérations similaires. En 2011, ce furent Yamal et Vaigach (ce dernier étant plus particulièrement destiné au déglaçage des embouchures des grands fleuves arctiques) qui bénéficièrent de telles mesures. Comme l'a rappelé à plusieurs reprises Vladimir Poutine, ces brise-glaces nucléaires sont considérés comme un atout majeur du développement de la fameuse Route du Nord.



L'histoire de ce "Passage du Nord-est", des brise-glaces qui l'ont ouverte depuis un siècle ainsi que des brise-glaces de la mer Baltique est détaillée dans le livre "Brise-glaces européens" à paraître en novembre 2011 aux éditions MDV.