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mercredi 7 janvier 2026

Une nouvelle série de brise-glaces russes

Une nouvelle série de brise-glaces à propulsion non-nucléaire serait sur le point de voir le jour...

À la suite de l’application de sanctions européennes dans le contexte du conflit russo-ukrainien, la Russie se tourne vers la Chine et l’Inde. C’est l’occasion de développer la Route du Nord avec la signature d'un partenariat entre la Russie et l'Inde.

Les chantiers chinois avaient églement été retenus pour en assurer la construction ce qu'ils ne peuvent faire en raison de carnets de commande déjà pleins.


Le jeudi 8 octobre 2025 s'est tenue à New Delhi une réunion d’un groupe de travail ayant pour thème la coopération sur la Route maritime du nord entre l’Inde et la Russie. Deux chantiers indiens (l’un privé - Reliance Naval and Engineering Ltd (RNEL) - l’autre public - Cochin Shipyard Ltd) auraient donc été sélectionnés par la compagnie russe Rosatom pour la construction de quatre brise-glaces à propulsion classique.

samedi 16 janvier 2021

L'épave du Vaygach

Taymyr et Vaygach




Les deux navires identiques construits à St Petersbourg en 1909 par le chantier Nevsky sont basés à Vladivostok. De 1910 à 1913, ils effectuent des campagnes  océanographiques et revinrent, de temps en temps, à Vladivostok au cours des trois années suivantes. C’est leur croisière de 1913 sous les ordres de Vilkitski qui va apporter l’une des plus importantes découvertes géographiques du XXe siècle et constituera le premier voyage réussi d'est en ouest en empruntant le passage du Nord-Est. 


Les deux navires appareillent de Petropavlosk fin juillet 1913 aux ordres de Boris Andreyevich Vilkitsky. Après avoir franchi le détroit de Béring, ils se séparent et se dirigent vers l’Ouest à des latitudes différentes avant de faire jonction à l'île de la Transfiguration à l’est de la péninsule de Taimyr. Poursuivant leur route vers l’ouest, ils parviennent à un nouveau territoire auquel Vilkitski donne le nom de Nicolas II et qui sera rebaptisée Nouvelle Zemble. Ils parviennent à Petropavlovsk au mois d’octobre. Outre l’importante découverte, le voyage avait permis de nombreux sondages hydrographiques, des études hydrologiques et météorologiques ainsi que l’installation de plusieurs stations scientifiques.



Le Vaygach sombra en mer de Kara en 1918 après avoir heurté des rochers. Il fallu attendre le mois d’août 2020 avant qu’une étude des fonds réalisée à bord du très récent brise-glace militaire Ilya Muromets mette en évidence la présence d’une épave à environ trente mètres de profondeur à l’embouchure de l’Yeniseï. Il est envisagé de réaliser en 2021 une exploration du site afin de déterminer si l’épave est bien celle du célèbre brise-glace.



samedi 2 septembre 2017

Brise-glace Toros


Le brise-glace Toros, l'un des nombreux brise-glaces russes lancés durant cette période, a été construit à Revel maintenant connue sous le nom de Tallinn. Sa mise à l’eau eut lieu en 1916. mais la poursuite immédiate de sa construction est rendue impossible par les circonstances particulières que connait alors la Russie. Après que sa coque ait été transférée aux chantiers A. Marti de Leningrad, il y est achevé en 1929 et livré le 24 décembre. Sa longueur est de 64,4 m, sa largeur de 14,2 m, son déplacement de 1 396 tonnes, sa vitesse de 14 nœuds. Initialement exploité dans la mer Baltique, Toros est transféré à Odessa au milieu des années 20. il participe au remorquage sur la mer d'Azov, dans l'estuaire du Dniepr et sur le Danube.


Le texte du vétéran Oleg Bulovich, « travailleur honoraire de l'URSS » qui participa à l'entretien du brise-glace, permet de découvrir certains détails de l'histoire ce bateau (voir « Ports de l'Ukraine, № 05 (107) 2011 ») (http://portsukraine.com/node/2158). Ainsi :

- le sauvetage du Ilyich échoué dans les eaux turques en décembre 1931 et lui permet de regagner son port d'attache Odessa

- en mars 1933 secours au vapeur Kharkov ou Kharkiv. Le 8 mars 1933, le vapeur soviétique Kharkov lors d'une violente tempête en mer Noire s'échoue à peu de distance de l'entrée du Bosphore. L'intervention du Toros, de plusieurs autres navires et de plongeurs permet de remettre le cargo à flots. Ce dernier est ensuite remorqué jusqu'à Sébastopol où il sera réparé. Remarquons que le récit d'Oleg Bulovich fait état d'une cargaison de légumes ; un quotidien australien évoque lui une cargaison d'armes...
- en 1937, il participe à un important convoyage d'éléments portuaires flottants à destination de l'extrême Orient dont il existe peu d'exemples comparables à l'époque.
Le navire s'illustre à plusieurs reprises au cours de la grande guerre patriotique. Le 22 juin 1941, le navire est en réparation à Nikolaev puis il participe à la fin de l'année aux combats de la péninsule de Kertch durant lesquels il sera très endommagé. Au cours des mois suivants, il fait partie des navires actifs dans les combats de la région. Au cours de l'automne 1942, la base navale de Novorossiisk est aux mains de la 17e Armée allemande (et ce depuis le 6 septembre 1942). Mais un petit groupe de marins soviétiques réussit à résister dans un quartier de la ville. Dans la baie de Tsemes, se trouve un dock flottant. Il est impensable qu'il puisse être pris par les Allemands ; il doit donc être déplacé vers un lieu jugé plus sur. La mission de le remorquer est attribuée au Toros et à son équipage. Dans la nuit du 4 septembre, le dock est pris en remorque malgré les tirs allemands. Après la sortie de la baie, juste après l'aube, un nouveau danger qui vient du ciel pèse sur le convoi. Mais il parvient à échapper au danger et à gagner Soukhoumi, alors capitale de la République socialiste soviétique autonome d'Abkhazie, élément de la République Socialiste Soviétique de Géorgie.


Après le retour de la paix, basé à Odessa, le Toros retrouve ses activités traditionnelles de convoyage à travers les glaces en hiver et de remorquage divers en été. Mais d'autres événements importants surviennent :
- le 8 avril 1949, le cargo soviétique Anatoli Serov explose en mer Noire après avoir heurté une mine alors qu'il transportait une cargaison de minerai. L'équipage du Toros parvient à recueillir sept marins.
- en 1966, il participe au sauvetage du paquebot grec Marie.



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Il est désarmé en 1967 et vendu à la démolition. Certaines parties de son équipement sont conservées au Musée de la Marine de l'Ukraine.





Nous rappelons à nos lecteurs qu'entre deux deux publications sur ce blog des informations sont données sur nos pages Google+ et Facebook.



samedi 6 février 2016

L'année 2015 des brise-glaces russes

L'actualité des brise-glaces a été particulièrement riche au cours de l'année passée. Elle le sera encore dans les mois à venir. C'est donc l'occasion de faire le point sur les navires en opération, les navires en construction et les projets à venir.

Le tableau ci-dessous fait la liste de tous les brise-glaces en opération au mois de mars 2015 (source Russian register March 2015). Nous verrons par la suite le déroulement des faits de l'année écoulée en fonction de la catégorie de navires d'après l'excellente « Innovation Norway – St.Petersburg office Russian Maritime & Offshore Newsletter ».

by Gilles Barnichon
Cliquer sur le tableau pour l'agrandir

Projet MPSV06 : Beringov Proliv et Murman
Le 19 février 2015 s'est déroulée au chantier allemand Nordic Yards de Wismar (détenu par des capitaux russes) la cérémonie de baptême des deux bateaux de sauvetage du projet MPSV06 Beringov Proliv et Murman dont la construction avait commencée en septembre 2013. Ils seront affectés à chacune des extrémités de la Route du Nord dont ils portent le nom, Mourmansk et Détroit de Béring. Comme maintenant tous les navires de ces catégories MPSV, ils sont susceptibles d'intervenir pour le sauvetage, l'incendie, la lutte contre la pollution, le remorquage d'urgence, les soins médicaux et la recherche en profondeur... Ils peuvent naviguer dans des glaces de un mètre d'épaisseur. Le Murman a été livré en décembre 2015 au Ministère des Transports de la fédération de Russie.

http://img4.fleetmon.com/thumbnails/BERINGOV_PROLIV_1051527.940x1000.jpg


Projet MPSV07 : Spasatel Demidov
L'autre projet de Multi Purpose Salvage Vessel MPSV en cours s'est achevé le 4 décembre 2015 par la livraison par le chantier Nevsky Shipyard du Spasatel Demidov, quatrième et dernier bateau de la série.

http://www.nssz.ru/img/news/n637.jpg


Projet MPSV12
Citons-le une fois pour ne plus y revenir. Il s'agit en effet d'un projet de remorqueurs de sauvetage qui ne sont pas de vrais brise-glaces (c'est pourquoi nous n'y reviendrons pas!) mais bénéficient néanmoins d'une "catégorie de glace élevée" selon le site du constructeur, Nevsky Shipyard.




Projet 70202 : Baltika
Le 20 février 2015, c'est à St Petersbourg qu'est baptisé le brise-glace « révolutionnaire » Baltika (projet 70202) lui aussi destiné aux interventions d'urgence comme les deux bateaux évoqués ci-dessus. C'est à sa coque asymétrique et à son possible déplacement latéral qu'il doit sa particularité. Rappelons les étapes de sa construction : première tôle le 6 janvier 2012, achèvement en décembre 2013, livraison à l'armateur le 30 décembre 2014.

http://www.securitymedia.ru/pic/news/baltika.jpg


Projet 21900M : Vladivostok
Premier bateau du projet 21900M, le Vladivostok, a effectué ses essais en mer en octobre 2015. Sa livraison a été acceptée le 9 octobre. Il avait été mis sur cale en décembre 2012.

http://www.seanews.com.tr/images/article/2015_09/154316/neva2.jpg


Projet 21900M : Murmansk
Le deuxième bateau du projet 21900M a été lancé et baptisé au chantier Arctech d'Helsinki le 25 mars 2015. Sa construction avait commencé le 26 décembre 2012. Il porte le nom de Murmansk et sa livraison (initialement prévue à l'automne 2015) a eu lieu le 25 décembre.

http://www.rosmorport.ru/img/39829_21900-3.jpg


Projet 21900M : Novorossiysk
Enfin, Novorossiysk (troisième et dernier bateau de la série) a été lancé le 29 octobre 2015. Sa livraison est prévue pour la fin de l'année 2016.

Projet 21180 : Ilya Muromets
La pose de la première tôle du premier navire du projet 21180, le brise-glace Ilya Muromets a eu lieu le 23 avril 2015 au chantier de l'Amirauté de St Petersburg. Il s'agit d'un bateau destiné au soutien de la flotte du Nord de la marine russe ; il doit être équipé d'une propulsion par pod permettant une grande maniabilité. Sa livraison est prévue pour le mois de décembre 2017.

Project 22600 : Victor Chernomyrdin
Mais tous les projets ne se déroulent pas sans encombre. Ainsi, la construction du Victor Chernomyrdin. Elle fut entamée par Baltiysky Zavod le 10 octobre 2012. La livraison du navire est prévue pour décembre 2015. Mais la construction en cours est en retard de plus d'un an.

Projet 22220 : Arktika
Le directeur général du chantier Baltijsky Zavod-Sudostroeniye (Saint-Petersburg), Aleksei Kadilov, l'a clamé haut et fort en décembre : Baltijsky Zavod, est le seul chantier capable de construire des brise-glaces nucléaires. Sa prochaine production est le premier bâtiment de la classe Arktika (projet 22220) dont le lancement devrait avoir lieu le 26 mai 2016. Il n'en sera pas opérationnel pour autant avant plusieurs années puisque le système de propulsion nucléaire resterait alors aà installer. L'état d'avancement de la construction est de 25 %, celui du deuxième bateau de la série serait en janvier 2016 de 4%.

Projet 10520 : 50 Let Pobedy
Le dernier brise-glace nucléaire a avoir été lancé (en 2007) subit actuellement des réparations à St Petersburg ; elles devraient être terminées en mars 2016.

http://www.itep.ru/Rosatom/ATOMFLOT_50_let_pobedy.jpg


Pour terminer, je ne résiste pas à la tentation de vous présenter des projets d'ingénieur recueillis lors d'un concours mais, un peu comme dans les salons automobiles, il ne s'agit là que de « concept ships » ! Plus de détails sur http://www.cardesign.ru/articles/degree_show/2015/7/29/6519/

Projet de Ruslan Shtepin



Projet de Paul Tomaszewski











Voir le livre "Brise-glaces de la Route du Nord et de la mer Baltique"

Voir le livre "Navires spécialisés"

lundi 11 janvier 2016

Anatase Mikoyan, brise-glace soviétique


La construction de deux brise-glaces de la classe Joseph Stalin a été entamée au chantier André Marty de Nikolaïev en novembre 1935. Il est alors prévu que l’un d’entre eux porte le nom de Otto Schmidt en hommage au brillant mathématicien, un temps responsable du Glavsevmorput. Le même chantier construira un autre navire identique, qui prendra le nom de Lazare Kaganovich. Un chantier de Leningrad construira les deux autres unités de la même série ; elles porteront les noms de Joseph Stalin et Vyacheslav Molotov.


L'Otto Schmidt sera lancé en 1938 et prendra au cours de l'année suivante le nom d’Anatase Mikoyan afin de célébrer l’un des proches collaborateurs de Staline.

Il est livré le 26 août 1941 sans que des essais aient pu se dérouler lieu. Ils ont été empêchés par les actions aériennes de l’armée allemande qui bombarde la ville de Nikolaeïv. Le brise-glace gagne donc Sébastopol où un armement d’une vingtaine de canons de différents calibres sera installé à son bord. En revanche, le projet des hydravions qu'il devait être possible de lancer depuis une rampe placée à l'arrière a été abandonné. Ainsi armé en croiseur auxiliaire, il va participer à plusieurs opérations militaires au cours de l'été 1941 (défense d'Odessa et de Sébastopol, évacuation de civils et de blessés de Sébastopol à Novorossisk, débarquement de Grigorievka le 22 septembre) puis reçoit l'ordre de gagner l'Arctique.

C'est alors que se déroule l'épisode sans conteste le plus marquant de la vie de ce navire : un voyage de neuf mois (novembre 1941 – août 1942) qu'il dût effectuer au départ de la mer Noire pour gagner le détroit de Bering en traversant successivement la Méditerranée puis les océans Atlantique et Pacifique. À son départ de la mer Noire, aux ordres du capitaine de 2e rang S.Sergeev, il est accompagné des trois pétroliers Sakhaline, Tuapse et Varlaam Avanessov qui doivent gagner le port anglais de Famagouste sur l'île de Chypre.

Pour satisfaire aux conditions turques de neutralité, c'est sans armes que le brise-glace doit traverser le Bosphore. Celles-ci ont donc été retirées avant le début du voyage lors d'une escale dans le port géorgien de Poti. C'est par conséquent sans pouvoir riposter que, après une escale à Istanbul à la fin du mois  de novembre 1941, le navire est attaqué par trois torpilleurs italiens en mer Égée, peu de temps après avoir quitté le détroit des Dardanelles. Des manœuvres d'évitement lui permettent d'échapper aux dégât qu'auraient causé les torpilles italiennes. Il subit une nouvelle attaque italienne le lendemain qui, si elle n'atteint pas la coque, laisse de nombreuses empreintes sur ses cheminées et dans ses superstructures. Mais il put encore une fois éviter les torpilles et atteint la base britannique de Chypre où sont opérées les réparations nécessaires. Sa perte ayant été proclamée par les forces de l'Axe à la suite du recueil de morceaux de bois et d'un gilet de sauvetage provenant d'un canot de sauvetage du brise-glace qui était tombé à l'eau atteint par les tirs ennemis, il fut accueilli par un groupe britannique prêt au combat devant l’arrivée d’un ennemi potentiel.

Le voyage reprend par le canal de Suez et la mer Rouge. Le brise-glace quitte Aden le 1er février 1942 et fait route le long de la côte orientale de l'Afrique. Une escale au Cap lui permet de charbonner de façon importante en vue de la traversée de l’Atlantique. Il quitte Le Cap le 26 mars 1942, destination Montevideo atteinte sous une escorte britannique qui a joint récemment. Puis c'est au tour du cap Horn d'être franchi avant de remonter au nord vers San Francisco. La Corne d’Or de Vladivostok accueille le brise-glace en juin 1942. Un armement lui est réinstallé avant qu’il poursuive son voyage vers le nord. Enfin, le 9 août, le navire pénètre dans les eaux soviétiques du golfe d'Anadyr. Plus à l’est, dans Providence Bay, à l’extrémité sud-est de la presqu’île des Tchouktches, 3 bâtiments de la marine soviétique et 19 cargos ont été rassemblés qui vont constituer le convoi EON 18 destiné à ravitailler l’URSS. Le convoi appareille de Providence Bay le 14 août pour franchir le détroit de Bering et pénétrer dans l’Arctique. À la tête du convoi se trouve l’Anatase Mikoyan dont la présence va s’avérer utile puisque les premières glaces sont rencontrées dans le détroit de Bering. Les conditions vont s’avérer suffisamment difficiles pour que l’aide de deux autres brise-glaces, Lazare Kaganovich et Stalin (identiques à l’Anatase Mikoyan), soit jugée nécessaire pour permettre au convoi de progresser jusqu’à Ambarchik où il arrive le 11 septembre. Le 14 septembre, c’est Tiksit qui est atteinte. Les navires y restent jusqu’au 19 septembre en raison de la présence signalée en mer de Kara de bâtiments allemands. C’est l’opération Wunderland, menée par le croiseur Amiral Scheer accompagné de cinq sous-marins et destinée à éliminer le plus grand nombre possible de navires soviétiques de l’Arctique et dont le résultat ne sera pas un grand succès allemand. Les navires du convoi reprennent leur voyage le 19 septembre. L’arrivée à Dixon se fait le 24 septembre et la traversée de la mer de Kara s’achève le 10 octobre ; les navires du convoi EON18 sont maintenant en eau libre et n’ont plus besoin d’aide pour atteindre Severodvinsk, le port de la mer Blanche proche d’Arkhangelsk. L’Anatase Mikoyan n’y parvient lui que le 21 décembre après avoir passé plusieurs semaines en mer de Kara après avoir tracé la route pour d’autres convois.














Les cartes du voyage d'Anatase Mikoyan :





 


Mais lors de cette navigation d’approche du port, le brise-glace heurte une mine allemande qui provoque d’importants dégâts à sa coque et à ses machines sans toutefois lui enlever complètement la capacité de naviguer par lui-même, le système propulsif étant peu touché et la flottabilité restant satisfaisante. Des réparations importantes sont néanmoins nécessaires qu’aucun port arctique ne peut assurer par manque d’équipements pour un navire de cette taille. Des contacts sont pris au plus haut niveau et il est décidé que le brise-glace sera remis en état à… Seattle, le grand port californien. Faire route vers ce chantier sera l’occasion d’un voyage en sens inverse tout en ouvrant la voie à un autre convoi.

Réparé, il poursuivit ses missions en Arctique pendant encore de nombreuses années après la guerre avant d'être démoli en 1966 à Vladivostok.









vendredi 30 mai 2014

Le printemps des brise-glaces

Le Festival des brise-glaces de St Petersbourg - mai 2014 (cliché http://nevnov.ru/)
Le printemps serait-il la saison des brise-glaces ? Certainement si on se réfère à la richesse de l'actualité de ce type de bateau depuis quelques mois. Revenons-y. D'abord la livraison du Baltika, le brise-glace « oblique ». Marcher en crabe, travailler de travers et le faire volontairement pour augmenter son efficacité devient possible grâce à des prouesses technologiques. Le chantier Arctech, héritier de Wartsila, a conçu et réalisé ce bateau d'un type nouveau. Le lancement du Vladivostok, première concrétisation du projet 21900M (voir notre page Google+), marque la poursuite du renouveau des brise-glaces russes qui avait commencé avec la livraison du Moskva en 2008 et du Sankt Petersburg en 2009. 


http://nevnov.ru/en/city/region/v-peterburge-otkryilsya-festival-ledokolov.html

D'ailleurs ces deux bateaux étaient présents au Festival du brise-glace de St Petersbourg au début du mois de mai. Qu'était au fait ce rassemblement de navires de travail sur la Neva ? Du 3 au 4 mai, le public pouvait visiter cinq brise-glaces amarrés le long du quai Lieutenant Schmidt dans la ville de Pierre le Grand. Il y avait là donc là outre les deux bateaux récents, le brise-glace auxiliaire Mudyug à la proue si particulière et deux brise-glaces portuaires, Ivan Krusenstern et Capitaine Zarubin. Ainsi, presque tous les types de brise-glaces étaient présentés à la foule excepté bien sûr les nucléaires. Mais pourquoi avait lieu ce rassemblement? Officiellement, l'idée venait du personnel du musée Krassin (le brise-glace historique amarré à quelques encablures) dans le but de célébrer le 150e anniversaire du Pilot, le premier brise-glace qui naviguait ici, à proximité de l'île de Kronstadt, importante base de la flotte. Mais il y a peut-être aussi d'autres raisons, moins avouées. Comme de stimuler la fierté du grand public qui sait bien que le brise-glace est un navire russe (il y a plus de Russes qui connaissent le nom de Stepan Makarov, inventeur du brise-glace, que de Français capables de vous parler de l'histoire de la Marine Nationale) ou de faire savoir, et pas seulement aux Russes, tout l'intérêt que l'État russe et Vladimir Poutine portent à la Route du Nord et à l'Arctique qui doivent assurer la richesse et la suprématie du pays dans les années qui viennent. À ce sujet, des travaux scientifiques (russes bien évidemment) viennent de faire savoir que les expéditions scientifiques récentes avaient trouvé suffisamment d'arguments pour augmenter la surface des eaux territoriales... C'est également le moyen de rappeler que maintenant, les brise-glaces sont construits en Russie et non plus à l'étranger. La Finlande (ce pays auquel la Russie a fait la guerre et dont les chantiers ont construit la grande majorité des brise-glaces du monde entier) n'en a plus qu'un seul en construction pour la Russie et par un chantier dont la Russie détient la moitié des parts... Les chantiers navals russes fonctionnent bien, tiennent maintenant les délais et se permettent même de revoir à la hausse les prix des commandes passées par l'État. Certains disent même que la Russie pourrait passer commande à des chantiers de Crimée, une région dont on a beaucoup parlé récemment... Il serait question d'y construire des tankers destinés au transport d'hydrocarbures provenant de l'Arctique ! Tout donne l'impression que l'Arctique est au centre des préoccupations géopolitiques russes actuelles.


Le Sovetsky Soyuz était désarmé depuis 2007 à Mourmansk et servait de réserve en pièces détachées pour les autres navires de la classe encore en service (Russia, Yamal et Cinquantenaire de la Victoire). Il vient d'être décidé de le remettre en service en attendant la livraison des nouveaux navires de la classe LK 60 prévue à partir de décembre 2017 (projet 22220).


Mourmansk - cliché DR
En Russie, comme en France, les quotidiens sont nombreux à tenir une rubrique "Ce jour-là...". La différence est la suivante : dans les journaux russes, ce sont fréquemment des événements maritimes qui sont cités. On apprend ainsi que c'est le 23 mai 1893 que le convoi composé du brise-glace Silač et des deux destroyers Nargen et Hogland parvient à Vladivostok en provenance de Cronstadt. Il vient d'effectuer un trajet long de 14 000 milles. Grâce au Silač, l'hiver 1894-1895 sera le premier au cours duquel la navigation ne sera pas interrompue dans le port oriental. Plus récemment, le 25 mai 1987, le brise-glace nucléaire Sibir a atteint le Pôle Nord.

Cliché DR


Our German correspondant Cornelia Klier gave us links to the the two interesting videos (many thanks to her) :



And do not forget this another link (provided by Cornelia Klier too) where you can download an interesting other video.

Au Canada, la construction du futur brise-glace  de la garde-côtière semble avoir pris du retard. Un nouveau chantier vient de proposer son aide afin de tenir les délais et le budget. Voir à ce sujet cet article. Enfin, en Australie, la construction d'un nouveau brise-glace semble être à l'ordre du jour ; il remplacerait l'Aurora Australis.






Voir le livre "Brise-glaces de la Route du Nord et de la mer Baltique"



mercredi 30 avril 2014

Baltika (IMO 9649237) / Projet Piriou


Cliché arctech.fi



Il est peu d'exemples de navire dont la coque soit asymétrique. Il en est un dont il fréquemment question en ce moment ; il s'agit du brise-glace russe Baltika de type ARC 100 qui vient de terminer ses essais en mer à la fin de ce mois d'avril 2014.

Le projet 70202
Avec ce projet de coque asymétrique, c'est toute la conception d'un navire qui est remise en cause : équilibre, propulsion d'un navire qui peut progresser en oblique, ballastage... Même les flancs du navire sont asymétriques : la paroi bâbord est quasiment verticale mais à tribord le flanc est beaucoup plus incliné de façon justement à briser la glace le plus efficacement possible (jusqu'à 60 cm d'épaisseur). Sa propulsion, assurée par trois pods, lui permet de naviguer en avant et en arrière bien sûr mais également obliquement (avec un angle de 30°) et donc de former dans la glace un chenal de navigation plus large que lui, en pratique deux fois plus large que celui ouvert par un brise-glace conventionnel, apportant ainsi un nouveau mode de fonctionnement. Le chantier Akerarctic (le spécialiste mondial de la construction de brise-glaces) travaillait depuis longtemps sur ce projet audacieux. Suffisamment audacieux peut-être pour rebuter,dit-on, certains acheteurs potentiels. Mais c'est un Russe qui a conçu le premier brise-glace faisant de la Russie le pays du brise-glace. Il est donc logique qu'une telle innovation en porte le pavillon et participe à sa construction. Car le nouveau brise-glace est construit en collaboration par deux chantiers : le finlandais Arctech (à Helsinki) et le russe Yantar (à Kaliningrad).
Destiné à servir dans le golfe de Finlande, le navire est, outre son rôle de brise-glace, également conçu pour lutter contre les pollutions par hydrocarbures en mer glacée et comme navire de sauvetage. Il est ainsi équipé d'importantes installations médicales, d'une plate-forme pour hélicoptère et d'installation de récupération des hydrocarbures.


Baltika (IMO 9649237)
La commande est passée en octobre 2011 par le ministère russe des transports et le prix fixé à 76 millions d'euros. La construction du premier navire de ce type débute le 28 juin 2013 à Helsinki où sont assemblés les blocs construits à Kaliningrad. Après une mise à l'eau en décembre 2013, des essais en mer en mars et avril 2014, sa livraison est prévue au printemps 2014




Cliché arctech.fi

Cliché arctech.fi


Cliché arctech.fi


Cliché DR



Le "Navire de voyage" construit par Piriou
Changeons complètement de sujet pour reparler du "Navire de voyage" en construction au chantier Piriou. Nous avions évoqué ce projet lorsqu'il avait été révélé par le chantier (voir notre article de l'époque). 


Depuis l'annonce du contrat, le silence entoure la construction de ce navire dont peu de choses sont connues. On connait le nom du projet  "C314" et l'on évoque un lancement pour le printemps 2015. Le quotidien "Le Télégramme" a fourni quelques détails et deux clichés réalisés au chantier lors d'une opération technique :
Article du Télégramme du 1er février 2014

Article du Télégramme du 31 janvier 2014




Le rythme de nos publications s'est quelque peu ralenti au cours des derniers mois. Time permitting ! Mais l'actualité des brise-glaces et notre intérêt pour ces navires n'ont eux pas diminué. C'est pourquoi vous pouvez retrouver d'autres renseignements sur la 
page Google+ qui leur est destinée.











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